Formation des équipes PRAPS-Mauritanie et partenaires sur « la sensibilité et la prévention des conflits » sur le pastoralisme

22-12-2016 10:37:23

 
Le coup d’envoi d’un atelier de formation des équipes du PRAPS-MR et les partenaires de mise en œuvre du projet sur « la sensibilité et la prévention des conflits » a été donné mardi 20 décembre  à Nouakchott par les formateurs du PRAPS régional/PASSHA et Cilss.
 
Pendant trois jours (du 20 au 22 décembre) les équipes PRAPS-MR et partenaires ont été (in)formées et dotées d’outils, de connaissances et de compétences qui leur ont permis d’apprécier le lien entre le conflit et la mise en œuvre du Projet. Plus spécifiquement ces divers acteurs ont fait l’apprentissage de « la boîte à outils sur la sensibilité et la prévention des conflits » de manière autonome leur permettant au besoin d’adapter et de répliquer les points de vérification tout au long du déroulé du projet.
Dans son mot d’ouverture des travaux de l’atelier, le coordinateur national du PRAPS-MR, le Dr. Lemrabott Ould Mekhalla, a tenu à remercier le Projet d’appui au Pastoralisme et à la Stabilité au Sahel et dans la Corne de l’Afrique (PASSHA) et le PRAPS régional pour leur soutien à une thématique très importante, à savoir les conflits. « Ils sont pris en compte dans le PRAPS. Fort heureusement en Mauritanie, il n’y a pas de conflits sévères. Mais être bien outillé s’avère toujours utile pour anticiper et pour guider », a-t-il déclaré.
 
Une formation inédite
 
Le Coordinateur National a exhorté les participants à s’approprier la boîte à outils.  « Des formations de ce genre ne sont pas fréquentes. L’une de nos préoccupations majeures, c’est le transfert de ces outils sur le terrain. » Il a par ailleurs indiqué que le PRAPS en Mauritanie procédera à la vulgarisation du code pastoral, afin que toutes les parties prenantes en soient bien imprégnées. Car, dira-t-il, le plus souvent, les conflits sont réglés en dehors des textes et souvent en contradiction avec la légalité. Ceci devra être corrigé rapidement pour contribuer à la promotion du pastoralisme ». Ajoutant que « les actions du projet ne doivent pas être sources de conflits ».
Pour sa part, l’expert en Gestion des conflits /PASSHA, M. Koffi Alinon,  a présenté le PASSHA, sa genèse, ses origines, ses objectifs, sa zone d’intervention. « C’est un projet d’appui au pastoralisme qui s’intéresse aux aspects conflictuels en ce qui concerne leur prévention. Il couvre le Sahel et l’IGAD  en Afrique de l’EST . Les deux entités ont déjà tenu des rencontres communes pour échanger les expériences », a-t-il précisé.
L’équipe de formateurs du PRAPS régional/Cilss/PASSHA, comprenant notamment l’expert en prévention des conflits /PASSHA, Koffi Alinon, l’Assistant technique du PRAPS au CILSS, Ibra TOURE et le Spécialiste en communication participative du CILSS, Ahmadou Sankaré, ont employé durant cette formation une panoplie de méthodes pédagogiques et d'animation participatives qui sera déroulée en plusieurs sessions (Notion de base sur le conflit, sensibilité et prévention des conflits, matrice d’utilisation, check-list sur la sensibilité et la prévention des conflits, etc.). La formation a fait  aussi appel à des travaux de groupe, jeux de rôle, études de cas et discussions en plénières.
Une vingtaine de participants - dont le personnel clé du PRAPS-MR et des membres d’organisations socioprofessionnelles actives dans le secteur de l’élevage telles que le Groupement National des Associations de coopératives Pastorales (GNAP), la Fédération Nationale de l’Élevage (FNE), le Collectif des femme pasteurs ainsi que divers départements et services techniques de l’État partenaires de mise en œuvre du projet - a pris part à cet atelier de formation. Les contributions, remarques, suggestions et interventions des uns et des autres, durant ces trois jours de formation, ont permis d’avoir une réflexion propice à la synergie d’action et une vision commune de la gestion des conflits surtout liés au pastoralisme.
 
Une boîte à outils en construction…et affinement
 
L’atelier de Nouakchott fait suite à une série de formations t entamée depuis octobre 2016 dans quatre autres pays-PRAPS (Sénégal, Burkina Faso, Mali et Niger), par l’équipe conjointe de formateurs. La boîte à outils a été mise au point avec la participation d’un groupe technique consultatif sur le pastoralisme qui s’est réuni deux fois cette année. Lesdits outils ont été révisés par les experts en réunion technique à Nairobi du 22 au 26 août 2016 et les synergies ont été opérées entre les outils à utiliser dans les deux régions Sahel et Corne de l’Afrique. Les équipes nationales PRAPS ont également apporté leurs contributions dans la construction de l’outil au cours des sessions formations.
 
Piqûre de rappel
 
« C’est un outil en construction qui sera affiné petit à petit. La boite peut –elle résoudre un conflit passé ? Non. Il prévient, permet de prendre un recul pour analyser les failles ou les insuffisances qui ont conduit à ce conflit. C’est un vaccin, cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de conflit », a prévenu M. Mahalmoudou Hamadoun, coordinateur du programme/SA/CCD/PopDev au Cilss.
À rappeler que le PRAPS-MR a été aux avant-postes de la thématique de la prévention/gestion des conflits. Le projet avait commandité une étude (disponible sur notre site web) au niveau national en vue d’« identifier et diagnostiquer les zones de conflits relatifs à l’accès et la gestion des ressources pastorales et les mécanismes existants de prévention et résolution ». Ladite étude a été partagée au cours de la formation et a servi de support de formation. Une seconde session sera organisée en 2017 pour renforcer les compétences acquises, et les aptitudes mais aussi partager les expériences sur la mise en œuvre de la boite à outils en vue de son amélioration.  
 
Ahmadou Sankaré et Dewa Dianifaba